collège Philippe de Vigneulles (Metz)
Ce thème est l'occasion de réfléchir sur le processus et les circonstances qui ont contribué à faire des enfants et des adolescents, les victimes au même titre que les adultes, du système concentrationnaire nazi.
Le sujet nous a particulièrement touché, parfois ému et horrifié, car chaque enfant rencontré au hasard de nos recherches a une histoire propre, nous avons retrouvé des photos, des sourires innocents , des enfants innocents qui ont pour beaucoup fini tragiquement dans les camps ou les chambres à gaz.............
Les exemples et témoignages étant très nombreux , nous avons choisi de privilégier dans la mesure du possible, les témoignages de Mosellans pour s'inscrire dans notre histoire locale et notre mémoire collective.
L’état totalitaire nazi combat les ennemis du Reich.
L’état totalitaire nazi combat les ennemis de l'intérieur comme les ennemis de l'extérieur.


Avec la guerre, les détenus des camps de concentration sont voués à une morte lente par un travail harassant et de très mauvaises conditions de détention.
A partir de 1942, à la conférence e Wannsee est décidé « la solution finale de la question juive » ; les juifs sont alors estimés à 11 millions par Heydrich.
L’extermination des juifs est estimée entre 5 à 6 millions , celle des tsiganes entre 200 000 et 500 000.
document 1: extrait d'un livre destiné aux enfants . on peut lire "Les Juifs sont notre malheur” et “Comment le Juif triche.” Allemagne, 1936.
document 2 : Enfants allemands lisant un livre de propagande antisémite intitulé DER GIFTPILZ ( “Le champignon vénéneux”). La fille sur la gauche tient un complément, dont le titre traduit est “Ne faites pas confiance au renard.” Allemagne, vers 1938.
Document 3 : carte des camps de concentration det d'extermination.
document 4 :classification des insignes que portaient les prisonniers dans les camps .
camps de transit : traces et témoignages d'enfants.

Voici un autre témoignage , celui de Marie Jelen, 10 ans.

Marie Jelen est une petite fille de 10 ans, qui vit à Paris, dans le XIX arrondissement où le père exerçait la profession de tailleur, dans une boutique. Le magasin fut fermé en raison du Statut des Juifs et des mesures d'aryanisation.
Mais, le 16 Juillet 1942, lors de la rafale du Vel’d’hiv (la rafle du Vélodrome d'Hiver (16-17 juillet 1942), est la plus grande arrestation massive de Juifs réalisée en France pendant la Seconde Guerre mondiale), elle est arrêtée avec sa mère (la famille est d’origine polonaise et juive) :
1ère lettre :

Cher papa,
On nous emmène au Vélodrome d'hiver mais faut pas nous écrire maintenant parce que c'est pas sûr qu'on restera là.
Je t'embrasse bien fort et maman aussi, ta petite fille qui pense toujours à toi,
Marie
Mr Jelen Fresnoy, Ardennes
Puis sa mère et elle sont transférées a camps de pithiviers. Là, les conditions de vie sont difficiles pour les enfants, souvent séparés de leurs parents. Les maladies infantiles se transmettent à grande vitesse. Après la scarlatine, Marie attrapera la varicelle.
Le 31 juillet 1942, Marie est séparée de sa mère Estéra, déportée vers Auschwitz avec 358 autres femmes et 690 hommes. Ce convoi parviendra à Auschwitz le 2 août 1942. La maman de Marie fut immatriculée (entre les matricules 14156 et 14514) et mourut assez rapidement.
2ème lettre :

Mon cher papa
Je suis malade, j'ai la scarlatine, ce n'est pas très grave mais ça dure très longtemps. Il faut rester 40 jours au lit, les premiers jours on n'a pas le droit de manger, alors on boit du lait. Je suis en très bonne santé. il y a 18 jours que je suis malade. On mange bien, de la purée de pommes de terre, du riz, du vermicelle.
Je t'embrasse bien fort,
ta petite fille qui t'aime, Marie
Voici la dernière lettre de marie :

Mon cher papa
Il y a très longtemps que je n'ai t'aie pas écris parce que j'attendais la permission d'écrire des lettres. tu va pouvoir m'envoyer une réponse dans l'autre enveloppe. je voudrais si tu peux que tu m'envoie ma photos celle de maman et la tienne. il y a très longtemps que je ne t'ai pas vu. j'espère que je te reverrais bientôt. essaie de me faire sortir ainsi je serais avec toi, ici je perds toutes mes forces. J'ai beaucoup maigris, je suis encore malade, j'ai attrapé une autre maladie, la varicelle, il y a des gens qui disent qu'on va libérér les enfants qui ont moins de 16 ans. j'espère que j'aurai la réponse le plus tôt possible. Sois en bonne santé, surtout ne tombe pas malade comme moi je fais. ne t'ennuie pas comme moi car je pleure souvent en pensant à toi.
Ta petite fille qui t'aime et qui t'embrasse bien fort
Marie
Trois jours après avoir écrit cette lettre, Marie Jelen a été déportée par le convoi n°35 qui est parti de Pithiviers (France) le 21 septembre 1942. Avec elle, 1015 autres personnes, entassées dans des wagons à bestiaux. Il y avait 163 enfants parmi eux car aucun enfant de moins de 16 ans n'a été libéré. Le convoi est arrivé à Auschwitz le 23 septembre 1942.
210 hommes et 144 femmes ont été sélectionnés pour le travail à l'arrivée au camp. Parmi eux, 23 seulement étaient encore en vie en 1945. Mais tous les enfants et la plupart des adultes ont été immédiatement conduits vers les chambres à gaz.
La petite Marie Jelen, qui se préparait à fêter son 11ème anniversaire (Elle était née le 20 octobre 1931) est morte gazée à Auschwitz, le 23 septembre 1942.
les enfants d'Izieu


En mars 1943, Miron et Sabrina Zlatin accompagnés de trois ou quatre monitrices arrivent enfin à Izeu avec une quinzaine d'enfants. Le petit noyau grossira vite : les maisons de l'O.S.E. sont presque toutes fermées, la chasse aux Juifs s'intensifie, les enfants à cacher sont de plus en plus nombreux et les Zlatin héritèrent à Izeu de ceux qui n'ont pas pu être re

Miron sillonnait le pays avec sa remorque accrochée à son vélo et allait de ferme en ferme acheter ce qu'il fallait pour nourrir sa nombreuse marmaille. Pierre Marcel Wiltzer, le sous-préfet de Belley, avait obtenu pour eux une vingtaine de cartes d'alimentation. L'U.G.I.F. Envoyait de l'argent mais les denrées étaient rares et les enfants trop nombreux. Nourrir, rassurer, jouer, chante, câliner, fêter les anniversaire, raconter des histoires le soir : il fallait faire de cet exil une vie presque normale. Et pour cela, assurer la scolarité des enfants.

Quarante-quatre enfants voulaient vivre. Quarante-quatre espoirs. Quarante-quatre promesses. Corps calcinés. Réduits en cendre. Quel était leur crime ? Etre nés juifs.
« Le voyage sans retour des enfants d' Izieu » de Catherine CHAINE édition GALLIMARD
1.U.G.I.F : (union générale des Israélites de France), fondée par le gouvernement français en novembre 1941 sous la pression des allemands. Tous les Juifs français et étrangers evaient s'y inscrire. Et toutes les associations juives de bienfaisance devaient y adhérer. Le rôle de L'U.G.I.F fut complexe et controversé.
Les jeunes résistants déportés
Sur les 88 000 déportés de France comme déportés politiques ou déportés résistants, environ 2 500 avaient moins de 18 ans . Il s’agissait surtout d’adolescents entre 16 et 18 ans (93% de garçons et 7% de filles). le plus jeune résistant déporté, Pascal Lafaye avait 15 ans et faisai
t partie du groupe rennais de Guy Faizant, lui même 16 ans et demi lors de son arrestation .
Seulement 53% d’entre eux sont rentrés de déportation.
photo une : "Ici repose, un enfant inconnu agê de 13 ans, fusillé le 24 juin 1944"
photo deux: le triangle rouge des déportés politiques c'est à dire resistants ou communistes.
arrestation et déportation : le témoignage de Monsieur Tiné.

Mon frère René, avait 20 ans . Très vite, il entra dans le mouvement L’Espoir Français. Et moi avec lui. C’était même le chef du groupe sur Woippy. La Résistance, c’était pas comme dans la France de l’intérieur ; les Allemands étaient partout. On était près de la gare. On les harcelait sans cesse ; on entaillait les flexibles de freins des trains, on mettait du sable dans les godets de graissage, on changeait les panneaux qui indiquaient les chargements. Un jour, mon frère m’a demandé de surveiller les trains qui passaient du pont de chemin de fer qui était près de la maison, je comptais les trains, notais les heures, notais les chargements des trains de marchandises etc.…. c’était devenu ma tache.
On cherchait aussi à se procurer des armes. Mon frère, René, travaillait au dépôt militaire Sainte –Agathe de Woippy. Il faisait passer des armes par-dessus le mur et on allait les récupérer la nuit.......Les armes, on les cachait dans la cave. Mes parents se doutaient bien qu’il se passait quelque chose avec tout ce va-et-vient, mais ils ne disaient rien. …… En juillet 1941, le réseau a été vendu. Mais mon frère a pu s'échapper le soir même. Dès le lendemain, la Gestapo était là. Assez vite, on a su qu’ils étaient à l’abri de l’autre côté de la frontière, ça nous a rassuré et bien sûr, on n’a rien dit aux Allemands. Ils m’ont convoqué quatre fois, et une fois, bien molesté, mais nous n’avons rien dit ………. Après, mon activité diminua. Il fallait que je me tienne à carreau. J’ai continué à faire du sabotage de trains notamment. Puis j’ai rejoins mon ancien instituteur, Monsieur Copeaux, responsable du réseau de Résistance de Woippy et Maizières. J’ai contribué à distribuer des tracts, à faire passer des aviateurs et des prisonniers évadés.
En janvier 1943, j’ai été arrêté et déporté avec toute ma famille. La Gestapo nous a laissé une heure pour préparer nos sacs. Nous avons été emmenés sous la garde de SS jusqu’à la gare de marchandise de Metz. Beaucoup de monde comme nous ,« mauvais allemands-bons français » malgré la germanisation , attendaient. Après des heures , nous fumes jetés avec cris et hurlements dans des wagons archicombles……Peur et rage…..voila ce que j’ai ressenti. Le voyage dura deux jours et trois nuits pratiquement sans nourriture ni eau. Nous étions transis de froid dans des wagons glacés. Notre terminus fut la Haute Silésie Panewnick, près d’Auschwitz…. Nous arrivâmes dans la nuit et le brouillard, dans une mise en scène savamment orchestrée par les nazis, et dans un mètre de neige…..parqués dans un ancien couvent, tri, appel, couchettes en bois superposées, sac de paille en guise de matelas, couverture à partager, puces et punaises en prime……cela dura le temps de la quarantaine. puis nous avons été dirigés au camps de Franckenstein, nous étions environ 200 hommes, femmes et enfants parqués sous la même toiture. Les conditions e vie étaient les même que précédemment : mauvais lits et crasse, et un seul four pour tout le monde… maigres repas, bouillon en guise de soupe, et les fameux rutabagas….. … 12 heures de travail par jour à l’usine. Moi, je travaillais dans un atelier de réparation comme mécano, formation que j’avais suivie avant la guerre. Les patrons arboreraient les insignes nazis mais il n’était pas rare que je trouve des biscuits secs dans les véhicules que je devais réparer….. à la barbe des nazis qui nous surveillaient..
En avril 1944, je venais d’avoir 18ans et en temps que Mosellan et enfant du Reich, je devais entrer dans la Wehrmacht, certainement pour le front russe ……je refusais de signer mon incorporation,cris, menaces, je reçus des coups de pieds, de poings,…...je signais puis plus tard déchirais….. à nouveau torture, avalanches de coups,de cravaches… je sombrais dans un état de faiblesse, semi comateux… .je fus alors condamné à mort pour « faits de résistance , incitation à la rébellion et refus caractérisé de servir l'armée allemande ...» avec exécution immédiate.... Traîné dans une cellule de carrelage blanc éclaté de balle , ce carrelage est à jamais gravé dans ma mémoire, déshabillé complètement , face au mur, les yeux bandés, je sentis le canon froid d’un revolver sur ma nuque…..mais le soldat ne tira pas . pourquoi ? je ne le saurais jamais. J’étais vivant mais cette arme sur ma nuque me hantera toujours.
Ma peine fut commué en bagne à vie , à la forteresse de Glatz. « Tu crèveras la dedans » me cracha à la figure un SS. Qui n’a pas passé le porche d’un camp , ne peut pas comprendre ce que l’on ressent,…. la peur, la haine,……… l’indifférence voir l’hostilité de ces inconnus. Bien sûr, ce camp n’était ni Auschwitz ou Mauthausen, mais ces petits camps étaient des annexes et des commandos de travail de ces grands camps ou la répression était érigée en système. Il n’y avait pas de chambre à gaz mais le but était le même : notre extermination. Mourir de façon rentable, par le travail , l’exploitation, le manque de nourriture, les conditions d’hygiène, la promiscuité morbide,….minés par la maladie, la diarrhée, le typhus, dévorés par les poux, les punaises, la vermine…..odeur de tombeau et d’horreur….épouillage, tonsure, costume de bagne, matricule 151832 autour du cou…. « racaille française » avec un triangle rouge et un F peint sur le dos …… on vivait chacun pour soi, dans l’atro
cité, la barbarie, l’isolement sauvage… Ma vie n’était faite que d’ombres et de cris : bruits des portes qui s’ouvrent et se referment, hurlements de fous, cris déchirants de détenus torturés, plaintes ressemblant à des râles. Et pour ajouter à cette situation tragique, l’incertitude du lendemain, le poteau ou le bagne. ……….Des interrogatoires fréquents interrompaient notre sommeil.
Je redoutais par-dessus tout les interminables appels en rang, nus, exténués, au garde à vous pendant des heures….Je n’étais plus conscient de la défaillance physique dans laquelle je m’enfonçais toujours davantage. Privé de nourriture et soulé de travail et de coups, je subissais sans aucune réaction…
ce témoignage très dur a été écrit à partir de l'interview de Monsieur Tiné venus nous rencontrés alors que nous étions en cinquième, et du livre de ses souvenirs "Le silence qui durait 40 ans".
photo1 : site mairie de Metz
document 2 : affiche de propagande de la Hitler Junge
dessin 1 auteur inconnu : le voyage vers les camps.
dessins 2 et 3, d'Henri Gayot, déporté au Struthof en Alsace.
dessin 4 d'un enfant de Térezin
cet article a été écrit d'après les souvenirs de monsieur Tiné.
Adolescents du camps de Mauthausen



Ailleurs, les jeunes ont été soumis au même régime que leurs aînés, un travail très pénible, maigres rations alimentaires, insultes et humiliations
le tri

« En plein jour on amena 600 garçons juifs âgés de douze à dix-



Ravensbrück et son camps pour adolescentes, Uckermark.

Plan du camp:
1. Cellules
2. Kommandantur

3. Camp des femmes
4. Camp des hommes
5. Camp de jeunesse Uckermark
6. Installations SS (ateliers)
7. Installations SS (ateliers)
8. Entreprise Siemens (baraques de travail)
9. Entreprise Siemens (camp de prisonniers)
10. DAW (travaux d'équipement allemands)
11. Entrepôt de butin SS.
12. Logements SS .
13. Chambre à gaz .
14. Crématoire.
Le camp de concentration d'Uckermark (numérotée 5 sur le plan), est construit au printemps 1942, sur ordre de la Police Criminelle du Reich, à 1,5km du camp de concentration de Ravensbrück, par les prisonniers hommes de ce camp. C’est un « Jugendschutzlager Uckermark » ou « camp pour la protection des jeunes ». Ainsi, 6 baraques, chacune entourée d’une clôture de fils de fer barbelés sont construites dans une zone de bois marécageux. (Les SS en avaient prévu 12).
Ce camp est destiné, d’après un décret de 1937, aux jeunes filles allemandes classées comme « asociales » et « cas désespérés » par le régime : c’est-à-dire chaque jeune fille qui ne correspondait pas à la norme de la « communauté populaire nationale socialiste » (« nationalsozialistische Volkgemeinschaft »). Il s'agit, par exemple du refus de travailler, d’alcoolisme de parents, de prostitution, de rébellion et de fuite devant les contraintes astreignantes de l'assistance publique… Les filles qui ne répondent pas à l'idéal féminin sont envoyées dans le camp en tant que « délinquantes sexuelles ». Pendant la guerre, les contrôles de la police et de l'assistance publique sur la jeunesse inadaptée sont renforcés. Ainsi, le fait d'aller au dancing, de consommer de l'alcool, d'enfreindre l'autorisation de sorties nocturnes, l'appartenance à la « jeunesse swingante» (« Swingjugend »), l'amitié avec des personnes juives, ou le refus d'entrer dans « la ligue des jeunes filles allemandes » (Bund deutscher Mädchen) constituent des cas d’internement. Déportées sont aussi les filles dont les parents luttent dans la résistance, ou qui sont elles-mêmes dans l'opposition ou actives au sein de la résistance.

Les Docteurs Robert Ritter et Eva Justin sévissent à Uckermark et se plaisent à « examiner » les déportées, n’hésitant pas à en stériliser de force, à en envoyer dans les camps d’Auschwitz, Dachau, Ravensbrück et Buchenwald pour y être mises à mort, où à les interner dans des centres pour malades mentaux où elle seront gazées.
"Lorsque je pris en charge le camp d’Uckermark, il s’y trouvait environ quatre mille détenues de toutes nationalités. Environ six semaines après, je fus déplacée et quittai Uckermark. A ce moment, il restait à peu près mille détenues. Ce sont donc trois mille femmes qui ont été sélectionnées pour le gazage pendant mes fonctions à Uckermark... Chaque jour, je faisais ainsi une liste de cinquante à soixante femmes, qui devaient prétendument être transférées au camp de Mitwerda. Ce camp n’a jamais existé. C’était une invention de Schwartzhuber pour cacher aux détenues qu’elles allaient être gazées... »
Ruth Closius Neudeck, Surveillante du Camp d’Uckermark. Procès de Ravensbrück à Hambourg 1946-47.
Entre 1939 et 1945, 132 000 femmes et enfants, 20 000 hommes et 1000 adolescentes du "camp de protection pour jeunes" d'Uckermark y furent enregistrés comme détenus. Entre 1 000 et 1 200 filles et jeunes femmes y seront encore détenues jusqu'en avril 1945, au moment de la libération par l'armée rouge.
Enfants de Ravensbrück, enfants perdus des camps.....

Les enfants avaient au camp le même régime que les adultes. Aucun adoucissement ne leur était accordé.


Un degré supplémentaire dans l’horreur a été accompli par les nazis avec les expériences de stérilisation de petites filles tziganes. Le but était de découvrir les méthodes les plus rapides et les plus efficaces pour stériliser des millions d’êtres humains appartenant aux races « inférieures ». 120 ou 140 petites Tziganes furent opérées du 4 au 7 janvier 1945. Les plus jeunes n’avaient que huit ans. C’est ainsi qu’au Block 9 fut hospitalisée une petite fille de douze ans, avec une énorme plaie ouverte au ventre, qui ne cessa de suppurer terriblement. Les médecins et infirmières prisonnières du Revier estimaient que cette plaie correspondait à une hystérectomie. Mais pourquoi la plaie n’avait-elle pas été recousue ? La petite fille mit plusieurs jours à mourir dans d’atroces souffrances. A la libération du camp, toutes ces malheureuses fillettes avaient disparu, vraisemblablement gazées. Ci dessus, la photo d'une jeune fille tsigane internée au camps de Moisdon la rivière avant sa déportation.
La mortalité des enfants étaient très importante. A l'approche de l'armée russe, les allemands commencèrent à évacuer les camps. Le nombre d'enfants augmenta encore, on en compta environ 500. Ils étaient seuls et devaient souvent se débrouiller sans une quelconque aide. La seule exception connue fut un groupe d'enfants russes venant d' Auschwitz encadré par une femme qu' ils nommaient « mère », de plus les femmes soldats russes économisaient sur leur ration pour qu'ils puissent manger un peu plus .
Si notre article sest consacré aux enfants de Ravensbrück, la plupart des photos ont été prise à Auschwitz-Birkenau .
Marcel Ruby « Le livre de la Déportation » ; Germaine Tillion « Ravensbrück ».
photos prises à Auschwitz-Birkenau.
les nouveaux-nés de ravensbrück
Il y eut des femmes enceintes dès le début de la constitution du camp.
De 1943 à 1945, 863 enfants à Ravensbrück, presque tous morts de faim et de froid. Seuls ont survécu quelques bébés nés dans les derniers mois, dont 3 Français : Sylvie, Guy et Jean-Claude.
Un grand convoi, estimé à 2 000 femmes et enfants de tous âges, fut dirigé vers Bergen-Belsen. Si bien qu'au début de mars 1945 ils ne restaient plus que quelques femmes et nourrissons. Plusieurs femmes et enfants furent encore gazés. Seuls ont survécu quelques bébés nés fin mars ou début avril.
Mengele à Auschwitz

C’est ainsi qu’à Auschwitz existait un « jardin d’enfants », avec crèche, bac à sable, balançoires…, où étaient regroupés des jeunes enfants de moins de 6 ans, beaucoup de jumeaux, pour percer le mystère de la gémélité et ainsi multiplier la race aryenne, futurs cobayes du docteur MENGELE. Dans un premier temps, les enfants reçoivent lait, beurre, pain blanc, bouillon de viande et même chocolat. Mengele est même décit comme bon et gentil. Il apportait jouets et fraindises aux enfants qui l'appelaient "papa" ou "oncle". Ce jardin d'enfant devient une vitrine de propagande nazie et était souvent visité par les SS de haut rang.


Edouard, Elisabeth, et Alexander Hornemann. Les garçons, victimes des expériences médicales sur la tuberculose au camp de concentration de Neuengamme, furent assassinés peu avant la libération.
H. Langbein, Hommes et femmes à Auschwitz, Paris, Fayard, 1975 .
Guenter Lewy , La persécution des tziganes par les nazis, Les Belles Lettres, 2003.
les expériences du SS Kurt Heissmeyer à Neuengamme

Par exemple, Il avait procédé à l'ablation des ganglions lymphatiques sur ces enfants et leur avait injecté le bacille actif de la tuberculeuse par piqûres intradermiques. Il avait aussi introduit le bacille directement dans les poumons de plusieurs d'entre eux à l'aide d'une sonde.
Il fut interrogé en 1946, et Heissmeyer, se justifia en expliquant que pour lui « il n'y avait aucune différence entre les juifs et les animaux. ».
Ces enfants ont été pendus le 20 avril 1945.Leurs médecins détenus les droguèrent avant la pendaison pour leur épargner un peu de souffrance. Il s'agit de :
Mania Altmann, 5 ans. Lelka Brinbaum, 12 ans Surcis Goldinger, 11 ans. Riwka Herszberg, 7 ans Alexander Hornemann, 8 ans Edward Hornemann, 12 ans Marek James, 6ans W. Junglieb, 12 ans Lea Klygermann, 8 ans Georges-andré Kohn, 12 ans Blumel Mekler, 11 ans Jacqueline Morgenstern, 12ans Edward Reichenbaum, 10 ans H. Wassermann, 8 ans Eleonora Witonska, 5ans Roman Witonski, 7 ans Roman Zeller, 12 ans Ruchla Zylberbeg, 9 ans.
Le lendemain ,les corps furent incinérés . Cette établissement se nomme de nos jours, « l'école Janusz-Korczak ». Pour ce souvenir de ces enfants on y a planté une petite roseraie.
une jeune fille à Auschwitz, Nadine Heftler témoigne.....
Nadine Heftler est restée 9 semaines au bloc des enfants de Birkenau, où elle est entrée début novembre 1944. Elle avait alors 15 ans.
Son livre, "Si tu t'en sors... Auschwitz, 1944-1945",est le récit des onze mois passés dans les camps nazis et publié tel qu'il a été écrit en 1946, peu après son retour en France, sous la forme d'un dialogue avec ses parents, avec son père dont elle fut séparée immédiatement, avec sa mère qui, épuisée, fut gazée à son arrivée.
Un rapport sur l'emploi des détenus. du 30 août 1944, précise le nombre d'enfants à Auschwitz-Birkenau:
« Au camp de concentration A II, il y avait 619 garçons de 1 mois a 14 ans, dont 187 étaient détenus au camp B I pour les femmes, 204 au camp de quarantaine B II a pour les hommes, 175 au camp B II e pour les hommes. 4 au camp juif B II e pour les hommes et 49 jumeaux destinés à des fins expérimentales au camp-hôpital B II f pour les femmes. Par ailleurs, il y avait un groupe à part de plus de 300 jumeaux sélectionnés comme cobayes pour les expériences du Dr Mengele. De tous ces jumeaux. il n'en restait qu'une centaine en vie a l'évacuation du camp, le 17 janvier 1945. "
(Extrait d'« Enfance Martyre ». Ed. Interpress, 1981 Bibliothèque de l'Amicale)
Le « block d'enfants » de Birkenau était initialement prévu pour recevoir des jumeaux, aryens ou juifs, sur lesquels les Allemands étaient sensés faire des expériences médicales dans l'espoir d'augmenter, à l'infini, le nombre de naissances de la race dite « supérieure ».
"II se trouve que je fus admise dans ce block n° 12 de Birkenau, après avoir été séle

Autour de moi, je ne vois que des enfants de trois à huit ans environ, qui malgré les "Ruhe Kinder" s'interpellent d'un lit à l'autre. On entend aussi les pleurs de certains enfants, qui sont presque encore des nourrissons.
Les enfants sont déjà tous éveillés et excités lorsque retentit le «Aufstehen » qui marque le début de la journée.
Garçons et filles s'habillent le plus vite possible ; ils n'ont certes ni chemise de nuit, ni pyjama, mais suffisamment de couvertures pour enlever leur chandail pendant la nuit. Des enfants de quatre ans s'habillent seuls, mais un autre d'environ un an et demi est aidé par une fillette de douze ou quatorze ans. La solidarité qui existe entre les enfants est touchante. Chaque fillette à partir de l'âge de dix ans « adopte » un enfant plus jeune et s'occupe de lui, tout au long de la journée, pour l'aider à s'habiller, se laver, manger, etc.
Le block en bois, construit sur le modèle des Reviers ( ce qui sert d'infirmerie) est clair, et les deux rangées de coïas à trois étages peints en blanc, alignées de part et d'autre du grand «banc » de pierre qui parcourt toute la largeur du block, sont presque agréables à regarder. Chaque paillasse est recouverte d'une couverture rose, bleue, verte blanche ou jaune, impeccablement pliée aux quatre coins.
Le matin, tout le monde se met en rang. Nous devons être environ deux cents « enfants ». On se rend aux douches tout à côté. Quel plaisir que d'avoir un quart d'heure officiellement consacré à sa toilette! Bien que pour l'instant nous soyons privés de savon et de serviette. II fait très froid, (la neige commence à tomber et l'eau est glacée) ; dans quelques jours on nous distribuera du savon.
Aux fenêtres et aux entrées du « Waschraum », des femmes éperdues font des signes désespérés aux enfants. Ce sont des mères qui ont, avec grande peine, trouvé le moyen de venir embrasser leur cher petit avant de partir au travail. Elles leur disent quelques mots, leur glissent entre les mains un morceau de pain avec une ration de margarine qu'elles ont économisé si difficilement: puis elles repartent s'enfermer dans la neige et le froid.
Et, pour être allées embrasser leur enfant, elles seront battues par une kapo !
L'enfant complètement ahuri par ce flot de paroles que vient de déverser sa mère reste immobile, le morceau de margarine entre les doigts. Sa mère est déjà loin, lorsque, incapable de manger, il reste cloué à terre, les yeux perdus dans un rêve lointain. Essaye-t-il d'imaginer l'enfance à laquelle il a droit? Ou bien, par un grand effort de mémoire, tente-t-il de se rappeler l'époque lointaine, si lointaine qu'il parvient à peine à la revivre, où il essayait de grimper sur les genoux de sa mère?
Peut-être ce petit hongrois revoit-il le champ de blé où il accompagnait ses parents au moment de la moisson? Et cette petite fille allemande aux nattes blondes (les enfants allemands étaient ceux des prostituées et des « droits communs ») essaye-t-elle de se remémorer le trottoir sale, où elle jouait dans un faubourg de Berlin?
Ce petit russe, qui ne doit pas avoir plus de 6 ans, ne se laisse pas impressionner et mord à pleines dents dans un croûton de pain que sa mère, une paysanne, vient de lui apporter en courant. Et ce petit garçon, polonais juif, ne connaît pas ses parents , « il ne sait pas s'il en a...».
En fait, tous ces « enfants » ne sont déjà plus des enfants, et certains ne l'ont probablement jamais été. Ils savent rire, certes, mais leur rire sonne faux. Aucun ne sait jouer, car on ne le leur a pas appris, et ils n'ont pas assez de force pour l'inventer. Ils restent assis pendant des heures au même endroit, sans bouger, sans rien faire. Ils ont un visage pâle et inexpressif, que deux grands yeux noirs et inquiets n'éclairent pas. Pleurer pour eux, est aussi rare, que rire...
Ces enfants, venus d'une Europe entière et qui, par miracle, n'ont pas été brûlés vifs à l'arrivée au camp, se sont retrouvés dans ce block 12 de Birkenau et ne se sont sans doute jamais demandés pourquoi ils se trouvaient là... puisqu'ils n'avaient jamais rien connu d'autre... "
ce témoignage semble indiquer que les expériences médicales n'avaient plus à Auschwitz fin 1944.
Thomas Geve dessine......



